Dans un article de son blog : Pour une politique du savoir Patrick Bazin fustige « le serpent de mer d’une loi sur les bibliothèques » tout en doutant que « le développement harmonieux d’une société du savoir se fassent spontanément, sous l’effet d’une main invisible indépendante de toute régulation politique »
C’est être très optimiste dans la capacité des collectivités territoriales à « favoriser la mise en œuvre d’une offre globale de savoir ». Je crois au contraire qu’en plus de la fracture sociale, de la fracture numérique, il existe une fracture territoriale. De nombreuses villes, petites moyennes et d’autres assez grandes sont très loin d’une offre minimale de savoir.
Je crois donc au contraire qu’une loi est nécessaire, certes pas une loi « nationalisant les bibliothèques », créant une nouvelle « structure culturelle » qui serait alors totalement contre-productive, pas une loi corporatiste sur les bibliothèques avec nombre de mètres carrés par habitant mais une loi imposant un droit au savoir pour tous, opposable aux pouvoirs publics. Une loi exigeant et non favorisant le travail en réseaux des bibliothèques (Aucun savoir ne s’enferme entre quatre murs), une loi imposant la lecture publique- outil incontournable du savoir- comme un service public, capable de s’adapter à la société de l’information dans laquelle nous vivons et accessible à tous
Laisser au bord de la route tous ceux qui n’ont pas les outils informatiques ou n’ont pas seuls la possibilité de traiter une information serait lourd de conséquences « dans un monde ou le développement de l’économie de l’immatériel dans laquelle les connaissances et la capacité créative deviennent déterminantes »[1] .
Conçue comme un service de formation permanente (tout au long de la vie) la bibliothèque est le corollaire indispensable d’un système éducatif performant. Les collectivités locales doivent pouvoir s’appuyer sur un minimum d’obligations légales pour garantir partout ce service.
Les propositions du rapport « livre 2010 » : Pour que vive la politique du livre vont dans ce sens : une loi garantissant le droit au savoir pour tous, ce qui immanquablement exigera ;
D’ouvrir plus longtemps les bibliothèques.
De mieux former les bibliothécaires.
De mutualiser les moyens des bibliothèques.
De faire de la bibliothèque l’ossature des « maisons de services publics » car la bibliothèque doit être le service municipal le plus longuement ouvert au public.
Gilles Riou