Pourquoi il ne faut pas multiplier les exemplaires d'un ouvrage en bibliothèque
Le désir peut-il se satisfaire de la réalité ; tel était le sujet 2007 de philo en série S.
En lisant un corrigé de l’épreuve que j’ai bien eu du mal à comprendre est apparu le nom de René Girard professeur de littérature qui a réfléchi sur le mimétisme et le caractère mimétique du désir ; nous sommes donc bien dans le sujet. Pour lui ce mimétisme du désir est un invariant dans la littérature, les écrivains ne parle que de ça et ils en parlent d’autant mieux qu’il s’agit de grands auteurs.
Tout désir est d’être : dit-il. Nous empruntons nos désirs. Loin d’être autonome, notre désir est toujours suscité par le désir qu’un autre-le modèle- a du même objet.
En d’autres termes lorsqu’on désire un objet ce n’est pas cet objet que l’on désire mais le fait que d’autres, des personnes qu’on aime, qu’on respecte, le désire aussi.
C’est ici qu’intervient la technique du buzz, le buzz consiste à faire un maximum de bruit autour d’un objet ou d’un produit peu importe l’objet du moment qu’on en parle. C’est une sorte de publicité sauvage qui passe par le consommateur (le schéma de diffusion est donc le bouche à oreille). Le buzz n’utilise pas un média spécifique mais occupe tous les canaux de communication afin d’arriver à faire parler d’un objet. L’idéal est de viser d’abord les leaders d’opinions, des spécialistes dans le domaine concerné ou des fans de la marque. Le caractère multiplicateur d’Internet, la rapidité à laquelle l’information circule sur Internet rend cette technique marketing redoutable dans un sens comme dans l’autre : un produit peut-être adulé comme détesté.
Prenons un exemple l’engouement pour la nouvelle génération de consoles de jeux.
Chaque sortie est couverte par des dizaines de journalistes, on interroge les premiers acheteurs, des soirées d’ouvertures sont organisées. Les magasins comme pour la sortie des derniers Harry Potter ouvrent à minuit à une foule hurlante. Le désir d’appropriation du produit dépasse alors ce qu’on peut généralement observer autour d’un bien de consommation.
Pour le lancement de la PS3 (console de jeux de Sony pour les non-spécialistes). Sony avait mis en place une grosse infrastructure pour endiguer la foule et éviter la cohue personne n’est venu. Sony n’avait pas pris la peine de générer un « buzz » sur Internet les jours précédent la sortie de la console. Pire certains qui étaient présents ce jour là, sont repartis sans consoles : pas assez d’engouement.
Quel rapport avec les bibliothèques outre que la bibliothèque est aussi un média. Il m’apparait que le "créneau économique" est plus pour une bibliothèque, le livre dont le « buzz a foiré » mais qui peut être un excellent livre que nous conserverons et qui ferons au fil des ans des dizaines de lecteurs heureux plutôt que d’assumer un « buzz » réussi car les bibliothèques ouvrent rarement à minuit.